59 à 0... Est-ce que c'est possible ?
C'est pourtant sur ce score, assez effrayant, que ce sont inclinés les Tennessee Titans dimanche dernier, face aux New England Patriots. Malgré la neige, Tom Brady aura réussi à passer 5 touchdowns, en une seule mi-temps, à l'anémique défense de Tennessee. Triste.
Flashback... La saison dernière, les Titans étaient pourtant la terreur de l'AFC, engrangeant 13 victoires en saison régulière, et terminant premiers de leur division devant Indianapolis, avant de se faire éliminer dès leur premier match de playoffs par Baltimore. Il y a un an, Tennessee faisait la loi sur les terrains, comptant sur sa défense - parmi les 10 meilleures de la ligue - pour stopper les attaques adverses et forcer des turnovers (43 sur la saison, n°1 en NFL ex-aequo avec les Jets), et s'appuyant en attaque sur un puissant jeu au sol pour imposer son rythme à ses adversaires. Chris Johnson et LenDale White formaient alors l'un des tandems les plus redoutables de la ligue, cumulant 25 touchdowns à eux deux.
Aujourd'hui, alors que nous approchons à grands pas de la mi-saison, les statistiques, tout autant que les résultats, sont loin d'être aussi brillants du côté de Nashville. Toujours aucune victoire au compteur, et déjà six défaites encaissées. La défense, si elle est toujours solide contre la course (encaissant en moyenne 95 yards par match), est en revanche incapable de stopper la passe (plus de 310 yards par match encaissés) et d'empêcher les adversaires de pénétrer la end-zone (33 points encaissés par match). L'attaque n'est guère mieux lotie: si l'attaque au sol reste efficace, l'attaque à la passe est l'une des pires de la ligue, et, de manière générale, les Titans peinent à inscrire des points au tableau de score, comme en témoignent leurs 14 points de moyenne inscrits par match. Pire encore, l'ambience semble se dégrader au sein de l'équipe, les frustrations s'accumulant au rythme des défaites.
Comment une équipe aussi forte l'an passé a-t-elle pu régresser à ce point ? Trois facteurs me viennent à l'esprit pour (tenter) d'expliquer ce retournement de situation:
- Le départ d'Albert Haynesworth: on avait pu l'observer lors des saisons précédentes: lorsqu' Albert Haynesworth (defensive tackle) ne joue pas, les performances de l'équipe s'en ressentent. Le départ du géant durant l'intersaison a laissé un grand vide dans la ligne défensive, vide que ses successeurs (Jovan Haye, Jason Jones) n'ont pu combler que partiellement. Ils ne disposent pas de la force de pénétration de leur prédécesseur et, par conséquent, ne peuvent pas occuper autant de bloqueurs et libérer de l'espace pour les defensive ends. Pour preuve, le deux defensive ends spécialistes du sack Jevon Kearse et Kyle Vanden Bosch n'ont accumulé qu'un seul sack cette saison, et se retrouvent aujourd'hui sur la scellette.Sans pression (11 sacks seulement cette saison), la défense des Titans laisse tout le temps aux quarterbacks adverses de trouver leurs receveurs, ce qui complique d'autant plus la mission des defensive backs, à savoir intercepter les passes adverses.
- Les blessures des defensive backs: Cortland Finnegan, qui a participé au Pro Bowl l'an dernier, n'a joué que trois matchs cette saison, et a tout de même, dans cet intervalle, réussi à intercepter une passe. Nick Harper, de l'autre côté, a joué cinq matchs sans interceptions. Force est de constater que leurs remplaçants n'ont pas eu plus de succès. Le manque de pression de la ligne défensive n'aidant pas, les performances de la défense secondaire ont été des plus décevantes, avec seulement 4 interceptions depuis le début de saison.
- Une éxécution défaillante: serait-ce le traumatisme d'une saison gâchée par une défaite dès le début des playoffs ? Quoi qu'il en soit les joueurs ne jouent plus avec la même intensité: où sont les fumbles forcés ? Que sont devenus ces plaqueurs efficaces ? Où est passée la protection du ballon ? Cette saison a été marquée par des giveaways (perte du ballon au profit des adversaires) à la pelle, que ce soit interceptions ou fumbles. Kerry Collins, autrefois très précautionneux lors de ses passes, a déjà été intercepté 8 fois, plus que durant l'entière saison 2008. Entre couvertures laxistes, manque d'engagement et plaquages manqués, la défense n'est pas en reste, souffrant peut-être du départ de Jim Schwartz, ex-coordinateur défensif.
Quel avenir pour Tennessee ? Malgré un constat très embarassant, tout n'est pas perdu pour les Titans. A bien y regarder, cette équipe n'est pas si différente que celle de 2008, on y trouve toujours des joueurs de talent, des deux côtés du ballon (Chris Johnson, Kevin Mawae, Kyle Vanden Bosch, Keith Bulluck, Cortland Finnegan, Rob Bironas...). Vince Young devrait prendre la tête de l'attaque et aura au moins le mérite d'ajouter sa mobilité à l'équation. Et puis, les Titans ont toujours Jeff Fisher, leur coach emblématique. Les Titans gagneront des matchs cette année, peut-être pas beaucoup, mais ils en gagneront. Il faut aussi voir le bon côté des choses: Tennessee disposera certainement d'un haut choix lors de la prochaine Draft, et pourra recruter un joueur talentueux (cornerback, defensive tackle, voire quarterback...tout est possible !).
- Braylon Edwards est sur le départ: le receveur des Cleveland Browns, décevant cette saison, a été transféré chez les New York Jets, en échange du receveur Chansi Stuckey, du linebacker Jason Trusnik et de deux choix de la Draft 2010 encore inconnus. Les Browns doivent être confiants dans les receveurs qu'ils ont actuellement sur leur roster (dont le rookie Mohamed Massaquoi qui a fait un énorme match contre Cincinnati cette semaine) et puis, de toute façon, Edwards n'était visiblement plus capable d'attraper un ballon.
- Michael Crabtree, 10 choix de la dernière Draft, a enfin signé un contrat avec les San Francisco 49ers. La durée du contrat serait de 6 ans, pour un montant encore non communiqué.
Ce soir, si vous n'avez pas envie de regarder Inspecteur Barnaby, pourquoi ne pas suivre le match entre les New York Jets et les New Orleans Saints? Cette affiche entre deux équipes encore invaincues pourrait bien être "LE" match de ce début de saison.
Les Saints, menés par leur quarterback Drew Brees, ont une attaque à couper le souffle, pouvant inscrire des points à la fois par les airs et au sol. La défense, point faible de l'équipe pendant des années, est enfin à la hauteur de l'attaque, grâce à des schémas bien plus agressifs, mis en place par le nouveau coordinateur défensif Gregg Williams.
Quant aux Jets, leur défense n'est plus à présenter. Rex Ryan a importé de Baltimore un style très agressif faisant la part belle aux Blitz de toutes sortes. L'attaque, si elle est moins impressionnante que celle des Saints, reste capable d'inscrire des points, et compte dans ses rangs des playmakers de renom (Leon Washington, Jerricho Cotchery...).
Voilà donc le match de la semaine en NFL, à ne manquer sous aucun prétexte !